Louis le Galoup, coup de coeur jeunesse

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, je vais vous faire la chronique (y’avait longtemps, tiens) d’une série jeunesse que j’ai découverte il y a déjà presque deux ans, mais sur laquelle je n’avais jamais réussi à mettre la main jusqu’à il y a peu. Il s’agit de Louis le Galoup, de Jean-Luc Marcastel et Jean-Mathias Xavier.

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Tout d’abord, un petit point sur l’histoire. L’histoire se déroule dans une France du XVe siècle (je dirais), plus précisément dans le Sud de la France : cette France là est séparée en deux dans la largeur par une brèche d’où s’échappent des effluves maléfiques qui transforment les animaux en monstres. L’action se déroule dans cette moitié sud indépendante, constituée en un royaume appelé Occitania. Notre héros, Louis, treize ans, vit dans un petit village des montagnes avec son frère Séverin, dans une famille de petits nobliaux dans laquelle il n’ont pas leur place. Leur vie est rythmée par les travaux des champs (ils n’ont pas le droit, mais ils aiment bien filer un petit coup de main aux paysans), et de temps en temps, par le passage d’un colporteur appeléThierry. Or voilà qu’un soir, une malebeste (un monstre créé par la Brèche) attaque les troupeaux du village. C’est dans l’atmosphère tendue de ce massacre que débarque Thierry, avec des nouvelles de la situation dans le royaume où l’usurpateur du trône, le détestable Vicomte de Marsac, fait régner un régime de terreur, ni plus ni moins. Et lorsque Louis se retrouve le soir-même nez-à-nez avec la malebeste pour la seconde fois, il se découvre un pouvoir qu’il ne soupçonnait pas… Et qui pourrait bien décider du destin d’Occitania ! Le voilà donc contraint à quitter son foyer accompagné de son frère et de la « sorcière » du village, une jeune fille intrépide surnommée la Roussotte

J’ai découvert cette série lors de l’édition 2010 du Salon du Livre et de la Presse jeunesse de Montreuil. Une de mes camarades et moi-même avions un travail à réaliser qui consistait à interroger des intervenants sur le salon : éditeurs, organisateurs mais également un auteur ou un illustrateur en dédicace. C’est ainsi que nous avons fait la rencontre de Jean-Mathias Xavier, illustrateur de l’histoire écrite par Jean-Luc Marcastel. Il nous a parlé avec beaucoup de passion de son travail sur la série, et nous avons même eu droit à un dessin de dédicace, un très beau portrait de la Roussotte. J’avais enregistré dans un coin de ma tête la référence, mais qui dit petit éditeur dit peu de présence en librairie. N’ayant pas particulièrement retrouvé le livre dans les rayons, j’ai un peu laissé cette histoire de côté…

Jusqu’à il y a quelques mois, quand une de mes collègues, préparant ses achats pour la rentrée jeunesse, cherche à compléter sa liste d’acquisitions. Voyant que la proportion de romans pour les jeunes est plutôt faible, je me permets de lui parler de cette série, dont la bande-annonce faisait envie et qui laissait promettre de quoi satisfaire les lecteurs collégiens… Et c’est ainsi que les deux premiers tomes se sont retrouvés sur la tourelle de nouveautés de la médiathèque. Je guettais l’instant où ils reviendraient en rayon, et je me suis lancée un peu timidement dans la lecture du premier tome.

Eh bien on ne peut pas dire que je sois restée sur ma faim. J’ai dévoré les deux tomes à la suite (pour tout dire, je les ai empruntés samedi dernier et je m’y suis attaquée lundi). Il m’a fallu quelques heures pour l’un comme pour l’autre, et là, j’étais soufflée, parce que cette série est absolument géniale !

Je vais commencer par les éventuels reproches qu’on pourrait lui faire : l’histoire a typiquement la structure du roman d’aventures pour jeunes, et on devine très aisément ce qui va se passer par la suite. Certains y voient là une sorte de banalité et de prévisibilité qui leur gâche la lecture, mais personnellement, je suis loin d’être de leur avis. Au contraire ! Le récit d’initiation par excellence, avec une structure narrative semblable à celle des contes, c’est ce qui fait que justement, la volonté de Jean-Luc Marcastel de faire de son récit une histoire à raconter au coin du feu prend tout son sens. Il en va absolument de même pour les personnages : ils ont un principal trait de caractère qui les définit, ou bien ils incarnent une valeur particulière. Ce n’est absolument pas gênant, et au contraire, c’est ce qui fait qu’on comprend leur importance et la portée de leur rôle dans l’histoire dès leur apparition. « Ah ptain, il va se passer un truc avec lui là, obligé ! », c’est la phrase que je me suis répétée à l’apparition de chaque nouveau personnage. Car personne n’est relégué au rang de « pas important » ou d’ « accessoire », chacun a un rôle précis dans l’histoire et dans la quête de Louis.

En parlant des personnages, j’en suis tombée amoureuse, surtout des deux principaux : Louis et sa Roussotte ! Quel couple génial ils forment, ces deux-là, et drôle avec ça ! Bon j’aime bien Malemort aussi, il a un petit côté Anakin Skywalker « gentil devenu méchant » qui m’intrigue beaucoup (enfin pour son identité, c’est pas très difficile à deviner).

Ensuite, Jean-Luc Marcastel est un excellent écrivain. Il n’y a pas une seule seconde de relâchement dans l’action, mais surtout, il manie la langue à la perfection. Ses tournures de phrases sont réfléchies, travaillées, musicales et ses métaphores poignantes et colorées. Ajoutez à ça une maîtrise parfaite d’une langue extrêmement soutenue et un peu archaïque (dans le vocabulaire et dans certaines techniques de construction des phrases), par moments orale, par d’autres extrêmement poétique, et vous avez vraiment l’impression qu’il vous raconte une histoire devant l’âtre. Ses phrases permettent à ses personnages et à ses décors – et quels décors, s’il vous plait ! – de prendre corps. On sent dans chaque mot, chaque phrase l’amour qu’il porte à son univers, à sa région natale et à ses personnages.

Un professeur disait justement l’autre jour : « un texte, quand on le lit à voix haute, ça s’inspire et ça s’expire ». Eh bien, là, pas besoin de le lire à voix haute : il respire de lui-même et résonne mentalement comme poésie ! (petit clin d’œil à une tournure que Marcastel aime bien utiliser).

Ma seule déception : les magnifiques illustrations de Jean-Mathias Xavier ne sont presque pas utilisées (à part pour ouvrir et clore le texte) dans l’édition de poche. C’est vraiment dommage, j’ai l’impression de manquer une partie de l’histoire ! Du coup j’ai épluché son blog, mais ce n’est pas la même chose que de voir les illustrations s’insérer dans le texte… Je vais de ce pas chercher la version illustrée (enfin, à mon avis, soit j’attends le prochain salon du livre jeunesse, soit je les commande, ça m’étonnerait que je les trouve comme ça).

Bref : un énorme coup de cœur. Je recommande très vivement cette série aux amateurs de fantasy et de contes !

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