A découvert, thriller mature

J’ai enfin pu attaquer le dernier titre de Harlan Coben qui me nargue depuis un bon moment dans ma pile à lire (avec un certain nombre d’autres titres, d’ailleurs… C’est fou comme elle n’arrête pas de grossir avec les fêtes !). Quand je dis le dernier Harlan Coben, je ne parle pas de son thriller pour adultes Sous haute tension, mais bien de sa dernière nouveauté : A découvert, le premier tome des aventures de Mickey Bolitar, le neveu du héros Myron Bolitar, une série de thrillers que Coben a commencé… pour les ados !

Pour la petite histoire, j’étais très curieuse de voir ce que ça donnerait. Je ne suis pas une adepte de Myron Bolitar, mais j’en ai lu quelques titres et ça m’avait plu, sans plus. Et là, une version pour ados ! Moi qui dévore la littérature ado comme certains dévorent les pots de Nutella, ça ne pouvait que m’intéresser.

Alors, voilà, je l’ai enfin lu, je peux enfin dire ce que j’en ai pensé ! Je l’ai commencé et terminé hier. Eh oui, il fait partie de ces romans qui s’engloutissent en une seule fois, qu’on a du mal à lâcher et qu’on rouvrira volontiers pour une deuxième lecture…

Harlan Coben a fait sa réputation d’écrivain : il sait écrire, et pas juste parce qu’il sait utiliser des procédés d’écriture et dresser en gros le portrait de ses personnages. Il sait écrire parce que son style lui permet de dire les choses à la fois de façon imagée et de façon à percuter le lecteur. Ses descriptions sont là, sont belles, mais servent toujours l’action qui va suivre : accrochez vos ceintures, on ne vous laisse pas une seule minute de répit. Il sait écrire parce qu’il arrive à donner corps à ses personnages : sans en faire une description détaillée, il nous donne à voir les principaux de l’intérieur, et nous apprenons à les connaître au fil de leurs pensées. Et ainsi, nous voyons ses personnages secondaires à travers les yeux des principaux uniquement, nous les connaissons donc relativement peu, ce qui ne nous empêche pas de savoir et de sentir qu’à tout moment, ils sont prêts à nous surprendre. Tout ça, c’était déjà visible dans la série de Myron Bolitar. C’est encore plus présent pour celle de Mickey Bolitar, à mon sens.

Ecrire pour les ados, on a beau dire que c’est un marché florissant, ce n’est jamais une mince affaire. Je pense que Harlan Coben a fait sans fautes là-dessus : pas de condescendance, beaucoup d’affection, sans paternalisme et sans qu’il tente de nous faire croire qu’il en est un lui aussi. Ce qui rend son personnage d’autant plus crédible auprès des adultes, jeunes ou moins jeunes… Et à mon avis, ce qui ferait son succès auprès d’un ado. J’ai bien l’intention de le mettre dans les mains d’un lycéen, et je vous ferai le rapport d’expérience en temps voulu…

On ne s’ennuie pas, c’est une chose. Il faut savoir aussi que les aventures de Mickey ne sont pas dépourvues de sens. Il agit parce qu’il se passe des choses graves dans notre société, et que certaines touchent de très près les jeunes. Ils peuvent se prendre certaines choses en pleine face, souffrir… Mais aussi agir pour faire une différence dans le cours de l’histoire. En fait, c’est exactement ça, le message de A découvert. Et peut-être que la réécriture historique que nous propose Coben peut paraître tirée par les cheveux (chose que j’ai pu lire à plusieurs reprises) : il n’en reste pas moins qu’elle dessert un message d’espoir à la mesure de l’individu, mais qui demeure à l’image de la réalité d’aujourd’hui. On ne peut pas gagner contre le mal, mais on peut lutter, et ça, c’est déjà une victoire.

Comme vous pouvez le constater, j’ai apprécié ma lecture. J’ai très envie d’une suite, et j’ai très envie de vous convaincre de le lire à votre tour. Je trouve qu’en se lançant dans le roman pour ados, Coben a relevé un pari qui n’était pas évident, qu’il s’en est sorti avec brio. Et peut-être que j’utilise de bien grands mots, mais je trouve que ce roman marque un temps particulier de la littérature pour adolescents (ce n’est pas le premier, mais il en témoigne) avec un thriller responsabilisant, mature et sans tabous, qui délivre un constat lucide mais positif sur l’état de la société aujourd’hui et qui soulève les bonnes questions. Bref, que du bon.

Merci à l’agence Athomédia de m’avoir permis de découvrir ce titre !

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