La vie suédoise, partie 3 : Stockholm en vert

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Pour notre troisième jour sur place (et donc deuxième journée de visites… Vous suivez toujours ?), nous nous sommes orientés vers un autre incontournable de la ville : l’île de Djurgarden.

J’étais déjà venue à Stockholm une fois, en 2005 je crois bien. En presque 10 ans, je n’ai pas gardé beaucoup de souvenirs de la ville, d’autant plus que je n’étais restée que 24 heures seulement. Je me souviens assez bien du trajet que j’avais fait sur le quai d’Östermalm pour rallier l’île la plus verte de Stockholm, à savoir Djurgarden, et le musée du Vasa qui s’y trouve.

Nous avons emprunté sensiblement le même chemin. Puisque le temps s’annonçait ensoleillé, nous avons embarqué les piques-niques, pris le métro jusqu’à Östermalm pour ensuite profiter d’une balade le long du quai pour rejoindre l’île. Il faut marcher quelques 20 minutes (pour nous un peu plus, le temps de prendre les photos) pour rejoindre ainsi Djurgarden, mais sachez qu’il y a aussi un tram qui vous amènera directement de la station centrale aux différents musées de l’île.

Il est drôle de constater à quel point Djurgarden et le quai d’Östermalm, qui sont pourtant face à face, relèvent de paysages urbains différents. D’un côté, le quartier « hype » avec ses terrasses de café en bord de mer, ses bateaux privés, son (magnifique) théâtre, son musée de la musique… Un quartier un peu à la parisienne, sauf que le quai sent le sel et la brise marine. De l’autre côté de l’estuaire, les rangées d’arbres font face aux bâtiments colorés et imposants. En s’approchant du pont qui sépare les deux îles, on peut d’ailleurs apercevoir les familles qui ont investi les bancs au bord de l’eau pour pique-niquer, au milieu des oies.

Le musée de la culture nordique (Nordiska Museet) domine l’île. C’est un bâtiment du XIXe siècle qui domine de son clocher le reste de l’île. Les mâts du Vasa qui dépassent de la toiture du second grand musée de l’île sont visibles dès le quai d’Östermalm, et quoique moins pittoresque, le bâtiment n’en demeure pas moins impressionnant.

Notre beau programme bien ficelé est vite tombé à l’eau. En fait, nous avions totalement sous-estimé le temps que nous mettrions à visiter le Vasa… Au bout de trois bonnes heures de visite, nous avons fini par sortir avec des étoiles dans les yeux. On ne répètera jamais assez à quel point ce musée est génial. Non seulement le bateau en lui-même est unique au monde (98% d’origine, conservé dans l’eau salée de l’estuaire pendant près de 300 ans), mais en plus la scénographie du musée met en valeur tout un tas de problématiques historiques et de conservation qui éveilleront les plus sceptiques à la question de la restauration. Pour un bateau qui n’a jamais voyagé, il fait couler beaucoup d’encre…

La visite se découpe sur environ cinq ou six niveaux sur lesquels vous pouvez observer le bateau sous toutes les coutures – le vrai, autour duquel s’articule l’exposition, mais aussi des maquettes à l’échelle, des représentations en coupe, la reconstitution d’un pont… On apprécie tout particulièrement la présentation des matériaux d’origine, les parallèles faits entre la recherche maritime et la recherche de techniques de conservation adaptées à ce sujet singulier… Et les selfie spots, les bornes de simulation (arriverez-vous à construire un Vasa qui tienne la route ? J’ai lamentablement échoué), la reconstitution de hune au septième étage (sujets au vertige s’abstenir) et l’exposition Meanwhile qui met en perspective le Vasa dans son époque en présentant l’histoire de différentes parties du monde dans le même siècle sur grands écrans et écrans dynamiques. De quoi prendre du recul et connecter entre eux des faits historiques qui ne semblent pas partager la même temporalité…

En somme, c’est un musée incontournable d’autant plus qu’il a su se renouveler en faisant des nouvelles technologies un moyen de mettre l’exposition en perspective dans le temps et l’espace. Et si je peux vous donner deux conseils sur la visite…

D’abord, commencez par le film, ainsi que c’est indiqué dans les dépliants de présentation de l’exposition. Ca dure 15 minutes et ça permet de prendre contact avec le bateau de manière efficace : quelques faits, quelques noms, quelques dates qui seront récurrents dans l’exposition. Le documentaire annonce les problématiques qui seront traitées dans les étages et vous donne un premier jet de repères sur lesquels vous appuyer pour comprendre où vous en serez dans votre parcours.

Ensuite, commencez la visite par l’étage principal (celui qui s’appelle niveau 4 sur les plans), puis enchaînez avec le niveau inférieur, le niveau 2, avant de vous attaquer aux étages… En fait, le niveau 2 présente les travaux de recherche, de reconstitution, de conservation qui ont été effectués autour du Vasa dans toute leur technicité, et quand on commence par les niveaux supérieurs, (plus ludiques et démonstratifs), on prend le risque d’être fatigué en arrivant aux terminologies professionnelles du niveau inférieur.

Ne négligez pas l’exposition Meanwhile, qui clôt la visite. On peut y passer cinq minutes comme une heure, mais c’est un projet qui mérite d’être vu.

Selfie spot au Vasa (désolée pour le flou !)

Selfie spot au Vasa (désolée pour le flou !)

Il est bon de faire attention aux heures de fermeture des différents établissements que vous souhaitez visiter, car ils ferment assez tôt… C’est rare de trouver un musée ou une église ouverte après 18h dans Stockholm en période estivale, d’autant plus le week-end. Et comme nous sommes sortis du Vasamuseet à presque 17h, nous n’avons même pas essayé d’aller au Skansen (j’y reviendrai au moment de notre visite).

Que faire quand on ne va pas au musée à Djurgarden ? Une fois éliminés le Nordiska, le Vasa et le Skansen, il reste… Eh bien, la balade. La végétation de l’île la rend paisible, et c’est le cadre propice pour une balade à l’ombre des arbres (et du cimetière, où nous avons atterri un peu par erreur)… Ou pour faire des photos sur le quai.

Nous avons de nouveau fait deux équipes pour le retour. Cette fois-ci, le trajet à pied était beaucoup plus long. Forcément, en partant de Djurgarden au lieu de Gamla Stan, on double quasiment le temps de trajet jusqu’à Luma. Mais qu’à cela ne tienne. Il en fallait plus que ça pour nous décourager.

Je crois qu’on a mis à peu près une heure et demie pour rentrer ce soir-là. J’en ai savouré chaque minute. Pour moi, rien de tel que de marcher pour voir différemment la ville, même si on marche presque exclusivement tout droit. En plus, en partant au moment où le soleil se couche, on devient témoin d’une vraie métamorphose. La lumière change, le paysage s’éclaire et s’assombrit selon les endroits, les résidents changent de vêtements et d’attitudes. C’est le moment où les habitants sortent dîner ou en soirée, où les férus de sport font leur jogging. En passant dans Östermalm, on entendait l’écho d’une fête branchée animée par un DJ. Les pulsations de la musique résonnaient jusqu’au quai d’en face et nous ont suivi un moment. Face à tant d’animation, le quartier familial et paisible de Luma paraît presque fantômatique.

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