La vie suédoise partie 7 : Malmö

icône voyagesLa journée suivant notre périple à Drottningholm a bien failli tourner au drame quand nous nous sommes aperçus que nos cartes de transport n’étaient plus valides (« 7 jours de transport d’heure à heure », mon oeil). Les recharger a pris un certain temps, plus que la marge que nous avions prévus… Heureusement, nous sommes arrivés à temps (stressés, énervés, dégoulinants de sueur, certes) pour prendre notre train comme prévu.

Le trajet nous a pris la majeure partie de la journée (5 heures comme je vous le disais) et il a fallu récupérer ensuite les voitures de location. Ah oui, là aussi, ça a failli tourner au drame. Nous avions demandé une voiture à sept places… Nous nous attendions à avoir plus ou moins un minivan, mais non. En fait, quand on inscrit « sept places » sur la demande, il faut savoir qu’on vous propose sept places assises… sans compter les bagages. Donc il a fallu changer de plan au dernier moment, et aucun véhicule à neuf places n’étant disponible, l’agence nous a proposé de louer deux voitures à la place d’une. Ainsi nous avions de la marge pour caser nos sacs … Et l’agence a eu la gentillesse de ne pas augmenter le prix de la location prévu initialement. Ouf.

Trouver le petit pâté de maisons en pleine campagne dans lequel nous devions loger (un lieu-dit du nom de Blentarp) a été une autre paire de manches. Mais nous avons fini par arriver, et là, personne n’a traîné. Certains avaient encore de l’énergie pour partir à la recherche d’un endroit où faire les courses, et les autres (j’avoue que je faisais partie de ceux-là) se sont employés à ranger un peu la maison (rustique mais confortable) et à faire la sieste.

Le soir, nous nous étions mis d’accord pour ne pas bouger le lendemain. Nous aurions ainsi le temps de partir en quête d’une laverie, d’un supermarché,… Et nous avons à nouveau fait deux équipes. Les premiers ont été faire un tour dans la petite ville la plus proche (Malmö était quand même à cinquante kilomètres, il était hors de questions d’aller jusque là pour faire nos courses). Et les autres ont fait une opération lessive à la main qui s’est soldée par un problème logistique non négligeable… Où étendre ce que nous avions lavé pour que ça sèche ? Nous avons tendu trois fils à linge entre les arbres dehors, mais le temps était à la grisaille et un peu humide, aussi, au bout de deux jours d’attente, nous avons essayé d’aménager des endroits à l’intérieur de la maison pour que le séchage soit plus efficace… A sept, je vous assure que ça a été plus compliqué qu’on ne pourrait le penser.

Ce n’est que le lendemain, le 15 août, que nous sommes à nouveau partis en expédition vers Malmö. L’objectif était de faire un peu le tour de la ville tout en se renseignant sur les tarifs pour se rendre à Copenhague le lendemain.

Je vais m’arrêter un peu sur la géographie de ce coin de la Suède.

Comme vous le voyez, entre la Scanie et le Danemark, il n’y a qu’un pas (un pont pour être exacte). Malmö – Copenhague, c’est 35 minutes avec des trains toutes les 10 à 20 minutes, au prix d’un trajet en RER à peu de choses près. Aller de l’un à l’autre est hyper-facile.

Voilà pour aujourd’hui. Mais imaginez à l’époque. Ce tout petit bras de mer entre les terres danoises et suédoises telles que vous les voyez sur la carte, c’était de la rigolade pour les deux puissances maritimes du Nord de l’Europe. Malmö était une plateforme commerciale, ainsi que quelques autres bastions le long de la côte. Je vous laisse imaginer les conflits que ça a généré entre les rois de Danemark et de Suède. Pendant plusieurs siècles, la partie la plus occidentale de la Scanie a été tantôt danoise, tantôt suédoise et le théâtre de batailles maritimes et terrestres (la ville de Malmö a subi de longs sièges des armées danoises, notamment lors de la guerre de Scanie au XVIIe siècle) tristement célèbres.

C’est une partie très importante de l’histoire du territoire que ces allées et venues des identités suédoises et danoises. Nous avons eu l’occasion de visiter plusieurs musées à ce sujet. Et à Malmö, donc, nous avons visité le château de la ville qui a eu un certain nombre d’emplois différents selon les époques (château, citadelle, cadre de l’exercice du pouvoir municipal, puis prison, hôpital…). Aujourd’hui, en regard de l’hétérogénéité de son patrimoine, le château est une sorte d’immense grenier qui regorge de trésors d’autres temps, un bric à brac de collections liées à ses différentes utilisations bien difficiles à coordonner. J’ai adoré la visite de ce musée, construit autour de la problématique de restituer l’histoire d’un lieu dans toute sa diversité, mais de façon cohérente. L’essentiel du musée tourne bien sûr autour de l’histoire médiévale et moderne de la ville, puisque c’est la période à laquelle elle a pris son essor économique et pendant laquelle elle a fait l’objet de campagnes militaires, de magouilles politiques, de crises identitaires… Mais pas seulement. Il y a aussi une partie à thématique horrifique, qui parle du temps où le bâtiment était une prison. Ce que j’ai préféré, c’est la petite galerie aménagée en alcôves dans laquelle étaient présentées ses autres utilisations. La dernière alcôve était vide et y était inscrite la question : « et vous, que voulez-vous faire de ce lieu ? ».

En plus de sa collection historique, le musée héberge des collections temporaires sur des sujets très variés : art contemporain, sciences naturelles, et quand nous y étions, nous avons pu visiter une exposition passionnante sur les jouets et leur rôle de représentations d’une société. Avec bien sûr, le propos sous-jacent que le jouet est un outil insoupçonné de conditionnement à certaines idées reçues, notamment concernant la place de la femme, mais aussi le reflet des attentes des parents et des adultes quant à l’avenir d’un enfant… Le tout sans accusations, l’exposition étant suffisamment bien faite pour mettre les faits en évidence et poser les bonnes questions sans imposer de réponse aux visiteurs.

Mais le musée n’est pas la seule attraction de la ville. Il y a de belles balades à y faire, de belles églises à admirer (c’était un peu notre thématique de voyage, forcément, avec deux étudiantes en histoire de l’art, un passionné d’histoire et un architecte). Nous n’avons pas eu tellement le temps d’explorer la vieille ville, ce qui est à mon sens vraiment dommage (j’ai vu des photos qui m’ont donné envie), mais en revanche, nous avons marché jusqu’à la fameuse tour Turning Torso (prouesse architecturale assez exceptionnelle), l’éco-quartier de la ville, puis le long de la côte pour revenir doucement vers le parking où nous avions laissé les voitures. Au passage, nous avons profité de la pluie, puis d’un bel arc-en-ciel une fois les nuages dissipés, ainsi que d’un très joli point de vue sur le Danemark, au large, et sur le pont qui relie les deux pays. Nous avons profité de ce moment pour faire une pause photos (et une pause tout court au passage).

Ensuite ce fut retour maison et soirée jeux, car nous en avions pris en prévisions. De fait, nous avons fait quelques parties d’Elixir, de Mascarade et de The Resistance mémorables…

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