Le royaume des cercueils suspendus de Florence Aubry

Le royaume des cercueils suspendus / Florence Aubry. – Editions du Rouergue, 2014 (Epik)

Le royaume des cercueils suspendus figure parmi les premiers titres de la collection Epik, une collection pour ados spécialisée en fantasy aux éditions du Rouergue. On connaît la qualité de leurs titres parus dans la collection DoAdo (dont j’ai déjà vanté les mérites dans ma chronique du Coeur des louves) : outre leur originalité, c’est la finesse de l’écriture de ses auteurs qui a fait de DoAdo une collection aussi réputée.

Epik promet donc de se développer sous les mêmes augures, et le roman de Florence Aubry (paru aux côtés d’Intemporia de Claire-Lise Marguier pour le lancement de la collection) tient les promesses du label…

Dans un royaume, en des temps et terres éloignées, la vie des hommes du peuple Bââ est régie par des croyances et des rites ancestraux. Parmi eux, la Cérémonie est sans doute l’évènement le plus important de chaque génération car elle marque le passage des jeunes hommes de la tribu à l’âge adulte, ainsi que leur accession au statut de guerrier (un homme non guerrier n’est pas tout à fait considéré comme un homme). La Cérémonie est en fait le moment où ils vont pouvoir déployer leurs ailes, ces organes qui font l’identité, la fierté et la puissance de leur peuple.

Mais pour Huang, la Cérémonie ne se passe pas comme prévu : il n’a pas d’ailes. Sans ailes, il ne peut être Bââ. C’est un traître, un enfant d’ailleurs, et son châtiment doit être exemplaire… Condamné à mort, abandonné sur la falaise aux cercueils suspendus, sa punition déclenche entre ses anciens amis des passions contradictoires…

Le roman de Florence Aubry surprend, c’est à la fois un conte, une tragédie et une initiation. Il me fait beaucoup penser à un texte de théâtre dans la façon dont l’action est agencée en scènes, en monologues de chacun des protagonistes. Si la construction peut déstabiliser au début de la lecture, l’histoire nous happe assez vite. Le roman ne s’alanguit pas, car il est assez court : le dénouement arrive, inexorablement précipité par les actions des uns et des autres… Mais il ne sera pas forcément celui qu’on croit. Toutefois, j’ai pour ma part été un peu déçue par l’épilogue, qui coupe l’herbe sous le pied d’une conclusion qui se serait suffi à elle-même.

Impossible de ne pas admirer le soin avec lequel Florence Aubry a construit son univers. Très influencée par la mythologie asiatique, elle en a établi les règles, les ordres sociaux, les croyances et dans la lecture, tous ces détails tombent sous le sens de son histoire. Ils l’enrichissent sans l’alourdir, lui confèrent un côté mystique qui fait toute son originalité.

Malgré ma petite réserve sur l’utilité de l’épilogue, je me suis prise au jeu de la lecture, j’avais hâte d’arriver au fin mot de l’histoire. L’auteur a su m’intriguer, me tenir en haleine, m’émerveiller… et me donner envie de recommander son livre.

Un petit bijou à découvrir !

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