La vie suédoise, partie 6 : On s’est crus à Versailles

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Pour notre dernier jour à Stockholm, nous nous étions réservés une bonne journée pour faire l’aller-retour jusqu’au château de Drottningholm, une autre résidence de la famille royale. Je vous avoue que les châteaux, ce n’est pas toujours mon truc, et j’aurais pu me dégonfler… Si le dit bâtiment n’avait pas été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ca ne se refuse pas, même si c’est un peu le bout du monde (m’enfin, quand on a déjà fait un trajet jusqu’à Uppsala, on est rodés). En plus, comme toute destination touristique qui se respecte, tout est relativement bien indiqué.

C’est vrai que la propriété ressemble un peu à Versailles. On voit bien dans l’architecture du bâtiment les influences françaises classiques. Il y a même une immense salle de réception bordée de miroirs qui évoque la Galerie des glaces, quoiqu’en bien plus petit. Le château en lui-même n’est pas immense, il a dimension humaine. C’est une résidence secondaire et une résidence pour invités de marque, c’est probablement la raison pour laquelle il paraît plutôt petit. La visite des ailes ouvertes au public est assez rapide, mais pour le coup, je vous recommande vivement soit d’acheter le guide-livret à l’entrée, soit de faire une visite guidée, car les salles ont beau être très riches en ornements, portraits, mobiliers luxueux, les explications qui y figurent sont assez expéditives et j’ai vraiment eu le sentiment que sans des explications plus détaillées, nous serions passés à côté d’une foule de petites anecdotes passionnantes. Enfin, tout le monde ne trouve pas ça passionnant, mais c’est croustillant de voir à quel point tous les rois dans l’histoire de l’Europe sont plus ou moins cousins… En fait, en plus d’être le lieu de prédilection des grandes figures féminines de la royauté suédoise, c’est aussi l’endroit où se sont accumulés les présents des cousins (=les rois et nobles) des quatre coins de l’Europe. Ca donne une bonne idée de la façon dont fonctionnait la diplomatie de l’époque.

Nous n’avons pas poussé la balade vers le Pavillon chinois et le théâtre (eux aussi classés à l’UNESCO), mais nous avons bien profité des jardins sous le soleil radieux de l’après-midi. Si les allées centrales sont définitivement d’influence française avec leurs haies taillées, leurs fontaines et leurs bancs parfaitement symétriques (le tout dans une perspective on ne peut plus classique), pas besoin d’aller loin pour profiter aussi des chemins un peu plus sauvages de la partie « anglaise » des jardins. Saules pleureurs, cours d’eau, autels perdus dans la verdure…

Encore une belle balade qui s’est terminée bien vite !

Deux petits points à savoir pour ne pas se laisser surprendre… D’une, évidemment, les photos sont interdites dans l’enceinte du palais. Les reproductions des livrets souvenirs ne rendent pas toujours justice aux décors du château (sauf si vous prenez un beau-livre à 60 euros), donc ouvrez grand les yeux. De deux, prévoyez un pique-nique. Nous avons fait l’erreur de ne pas en avoir. Si vous jouez les malins comme nous, vous vous retrouverez avec l’estomac dans les talons dans un café hyperchic, hypercher… ou dans une supérette, bien plus abordable, mais qui ne jouit pas du même décor.

Nous n’avons pas pu profiter de toute l’après-midi puisque nous partions très tôt le lendemain, et nous devions donc faire nos bagages, le ménage, préparer les piques-niques, ranger… Ce qui prend toujours plus de temps qu’on ne l’imagine. Et le lendemain, direction la gare centrale pour traverser le pays. On en a eu pour bien cinq heures le temps de rallier Malmö, où nous devions passer notre deuxième semaine. Le stress du départ en retard + 5h de train + le temps de récupérer les voitures de location + le temps de trouver le village paumé dans lequel se trouvait la maison = on n’a pas traîné à aller se coucher en arrivant…

Au fait. Si vous cherchez l’adresse d’un bon ostéopathe à Stockholm, on en a une (il est jeune, français, beau… Cher mais disponible en cas d’urgence…).

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La vie suédoise partie 5 : la baie et l’éco-musée

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Nous n’avons passé qu’une semaine dans la capitale, et les deux derniers jours qui me restent à vous raconter ont été les plus chargés.

Le lendemain de notre petite virée à Uppsala, nous avons scindé notre groupe en deux équipes, l’une souhaitant se conformer à la pratique populaire touristique de faire un tour de la baie en bateau, l’autre préférant (vu le mauvais temps annoncé) se rabattre sur le Nordiska Museet (musée de la culture nordique).

Si la pluie a douché (pardon pour le mauvais jeu de mots) notre envie de prendre des photos sur le bateau-mouche, nous avons toutefois pu profiter d’un commentaire certes superficiel, mais appréciable puisqu’il a complété notre géographie de la ville. Nos visites nous ont en effet amenés à ne fréquenter que certains coins de la ville. Et puis avoir des chiffres, des données politiques sur la façon dont les gens vivent à Stockholm, c’est toujours intéressant. Le voyage en bateau change du piétinage des galeries de musée, c’est un peu reposant et en arrivant tôt, nous avons pu avoir de bonnes places (près des fenêtres). Toutefois, si je devais un jour retourner à Stockholm, je me précipiterai sur le Nordiska.

De même, je n’ai pas pu faire le Fotografiska (Musée de la Photographie de la ville). A faire une fois suivante, visiblement. Notre groupe s’est à nouveau scindé en deux durant l’après-midi, les plus craintifs de la météo se sont dirigés vers le Fotografiska et le reste d’entre nous a bravé les prédictions météorologiques pour aller visiter le fameux éco-musée en plein air de Stockholm, le Skansen. Bien nous en a pris, car par miracle, il n’a pas plu de l’après-midi !

Le Skansen, c’est un projet de préservation de la culture populaire nordique à base de reconstitutions et de reconstructions, le tout en grandeur nature. En fait, ils ont reconstruit dans cet immense parc des bâtiments de différentes régions de la Suède au moment de leur démolition (ils ne les ont pas juste refaits, ils ont déménagé les bâtiments d’origine dans Stockholm). On y trouve donc dans chaque bâtiment au moins une personne en costume d’époque, toujours disponible pour vous expliquer qui elle incarne, quel est le bâtiment dans lequel vous vous trouvez, quelle importance il avait dans la vie des locaux, à quoi il servait, pourquoi cette architecture, etc. Ils savent plein de choses et sont généralement prêts à répondre à toutes vos questions, même si elles dépassent le cadre de leur intervention dans ce bâtiment particulier (petite pensée pour le jeune révérend avec qui nous avons discuté politique pendant bien 20 minutes). Le parc est un condensé de lieux et d’époques plus ou moins éloignées et veut donner à voir les cultures populaires de la Suède, la vie des petites gens qui habitaient les campagnes du pays et qui ont fait son histoire humaine, par la reconstitution.

Vous trouverez au Skansen également des animaux dans des enclos, du lynx à l’élan en passant par les loups (des VRAIS GROS loups !) et les ours, et d’après ce que j’ai compris, il doit également y avoir des tentatives de représentation de la flore de certaines régions (il y a quelques serres dans le musée).

Si dès 17h, certaines attractions et certains bâtiments ferment leurs portes, le Skansen demeure très animé en soirée car il accueille des groupes de musique pour animer des bals populaires, il organise des concerts de jazz, … C’est un lieu de vie très prisé (lorsque nous sommes sortis, un big band était en train de donner un concert sur la scène en plein air, et les sièges de l’esplanade n’étaient pas assez nombreux pour accueillir le public dans sa totalité, si bien qu’une bonne partie des visiteurs écoutait le concert debout), et en été, toujours animé.

Prévoyez au moins une après-midi pour le visiter. Nous y sommes restés de 14h à 19h et nous n’avons pu voir que les deux tiers de ce que l’immense éco-musée avait à nous montrer. Bien sûr, les animaux ralentissent la visite (« OH REGARDE ! DES BEBES LYNX !! »), mais c’est assez grand, il y a plein de choses différentes à voir et à faire, de nombreux chemins de balade…

Inutile de vous préciser que ce fut l’une de mes visites préférées. C’est un musée de la culture nordique à dimension humaine, pédagogique et dans un cadre magnifique. Et quand le soleil est au rendez-vous, c’est le paradis pour se balader…

La vie suédoise, partie 4 : Journée médiévale puis virée à la campagne

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[Photos Sassimagine à venir]

Je ne vais pas m’étendre sur la journée du 9 août. En fait, nous étions partis avec l’idée de faire d’une traite le Tre Kronor (musée du palais médiéval, pour lequel nous avions déjà un billet grâce au billet unique vendu à l’entrée du palais, cf la partie 2) puis l’église allemande de Gamla Stan, réputée pour la richesse et la beauté de ses ornements. Sauf qu’encore une fois, nous avions complètement sous-estimé le temps qu’il nous faudrait pour visiter le Tre Kronor. La visite de cette cave aménagée en galerie médiévale ne paye pas de mine à l’entrée, mais pour toute personne qui s’intéresse un tant soit peu à l’histoire médiévale, les quelques pièces et plans exposés sont suffisamment passionnants pour y passer bien deux heures. D’ailleurs, petite anecdote marrante. En fait, le palais médiéval a été supplanté par le palais moderne à cause d’un incendie dévastateur qui a ravagé le bâtiment en 1697. Le responsable de l’équipe de sécurité incendie de l’époque et ses collègues ont payée leur négligence (ou pas ?) de leur vie en se faisant tabasser par les armées du roi au cours d’une épreuve punitive qui s’appelle « run the gauntlet ». A la suite de cette catastrophe, le palais a été intégralement (ou presque) reconstruit, et les fondations, les colonnes, les décorations dans les couloirs ont été refaites. En bois, toujours, forcément…

La suite de la journée a été singulièrement écourtée par la fatigue générale et le fait que l’un d’entre nous se sentait un peu patraque (je ne donnerai pas de nom.. Oui bon ok, j’avoue, c’était moi). Nous sommes rentrés tôt cuisiner, faire la sieste, se poser… Non sans être passés par la case « Oh, il me faut un souvenir pour untel, ça ce serait parfait ! ». Sachez qu’à sept, ça prend un temps considérable…

Le lendemain, le programme nous emmenait à Uppsala, une ville universitaire à environ une heure de train de la capitale. Si vous comptez vous y rendre (je vous le recommande, c’est un très joli coin), je vous conseille de prévoir le prix du billet. Forcément, Uppsala est située sur la même ligne que l’aéroport…

A Uppsala, il y a une cathédrale immense et magnifique, lieu de pèlerinage et d’histoire, qui compte parmi les plus grandes cathédrales de Suède. C’est un bâtiment qui se veut lieu de culte luthérien, mais qui a gardé de nombreuses traces de son ancienne foi catholique. Ainsi, la cathédrale est placée sous la protection de St Olaf, St Erik surtout, et de la Vierge.

Autre faits intéressants sur la religion en Suède. C’est un pays de confession protestante, foi qu’embrasse la famille royale… Mais au sein duquel l’Eglise est gérée comme un organisme distinct de l’Etat (depuis 2000). Leur rapport à la religion est étonnamment moderne et décomplexé. L’éducation scolaire est laïque, et attache une grande importance à l’éducation sexuelle (sujet obligatoire dans les classes depuis… 1956 !). Notez aussi qu’aujourd’hui, l’évêque d’Uppsala est une femme, élue par ses pairs… Une femme en union civile avec une autre femme, avec laquelle elle élève un petit garçon. Et les suédois (dixit un suédois hein, je n’invente pas) sont fiers de leur évêque. Et pour finir, le mariage religieux et civil (toujours deux instances distinctes, n’est-ce-pas) est possible en Suède pour les couples homosexuels depuis respectivement Octobre et Mai 2009.

Ca vous en bouche un coin, hein ? Et dire qu’en France, on n’arrive même pas à porter un projet comme les ABCD de l’égalité…

Enfin BREF.

A Uppsala, vous trouverez aussi un château et un campus universitaire que le Routard recommande, mais que nous avons délaissés pour le Jardin Botanique. Bon, c’est toujours sympa, mais je pense qu’au printemps ça aurait été encore plus chouette, parce qu’à 27 degrés au mois d’août, la période de floraison est terminée. Il n’en reste pas moins que c’est une agréable balade que celle des jardins, et vous pourrez même vous asseoir sur des bancs géants.

Nous avons conclu la journée par la visite des sites archéologiques de Gamla Uppsala. L’espace de démonstration dans lequel se tiennent les expositions était déjà fermé à l’heure où nous y sommes parvenus (je ne vous raconte pas l’expédition, parce que c’est pas tout à côté), mais les tumuli (IVe siècle, quand même) valent le coup d’oeil. C’est l’occasion de réfléchir sur le millier d’années d’histoire qu’on foule du pied… Et de faire des paris débiles, du genre « je te mets au défi de courir jusqu’en bas de cette énooooorme tombe (oui, les tumuli, ce sont des buttes mais aussi et surtout des tombes) le plus vite possible sans tomber ». C’est vraiment, à mon sens, un chouette endroit, qui vaudrait la peine d’être visité en une journée entière car il y a possibilité de se balader sur des sentiers de plusieurs kilomètres, soit à pied, soit à vélo.

Je vous épargne les péripéties du voyage de retour, où nous avons passé 15 minutes à attendre un train sur le quai parce qu’on est descendus pour rien. Et une fois arrivés à Gullmarsplan (enfin), les plus courageux d’entre nous ont délaissé le bus pour marcher jusqu’à l’appartement, encore une fois. Ces marches nocturnes, je crois que c’est ce qui me manque le plus maintenant que je suis rentrée. 

Et parce que je suis une bibliothécaire bien formée, voici les pages que vous pouvez consulter pour vérifier mes dires ou approfondir vos connaissances dans tout ce que j’ai expliqué là :

  • Article Wikipédia sur l’éducation sexuelle dans différents pays, dont la Suède
  • Article Wikipédia sur le palais royal de Stockholm qui traite en première partie l’architecture du Tre Kronor, puis de sa reconstruction
  • Au cas où vous voudriez des détails sur les châtiments réservés aux incompétents du palais, vous pouvez consulter la page Wikipédia intitulée « running the gauntlet »
  • Une dépêche AFP de 2009 sur la nomination de l’évêque d’Uppsala

 

La vie suédoise, partie 3 : Stockholm en vert

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Pour notre troisième jour sur place (et donc deuxième journée de visites… Vous suivez toujours ?), nous nous sommes orientés vers un autre incontournable de la ville : l’île de Djurgarden.

J’étais déjà venue à Stockholm une fois, en 2005 je crois bien. En presque 10 ans, je n’ai pas gardé beaucoup de souvenirs de la ville, d’autant plus que je n’étais restée que 24 heures seulement. Je me souviens assez bien du trajet que j’avais fait sur le quai d’Östermalm pour rallier l’île la plus verte de Stockholm, à savoir Djurgarden, et le musée du Vasa qui s’y trouve.

Nous avons emprunté sensiblement le même chemin. Puisque le temps s’annonçait ensoleillé, nous avons embarqué les piques-niques, pris le métro jusqu’à Östermalm pour ensuite profiter d’une balade le long du quai pour rejoindre l’île. Il faut marcher quelques 20 minutes (pour nous un peu plus, le temps de prendre les photos) pour rejoindre ainsi Djurgarden, mais sachez qu’il y a aussi un tram qui vous amènera directement de la station centrale aux différents musées de l’île.

Il est drôle de constater à quel point Djurgarden et le quai d’Östermalm, qui sont pourtant face à face, relèvent de paysages urbains différents. D’un côté, le quartier « hype » avec ses terrasses de café en bord de mer, ses bateaux privés, son (magnifique) théâtre, son musée de la musique… Un quartier un peu à la parisienne, sauf que le quai sent le sel et la brise marine. De l’autre côté de l’estuaire, les rangées d’arbres font face aux bâtiments colorés et imposants. En s’approchant du pont qui sépare les deux îles, on peut d’ailleurs apercevoir les familles qui ont investi les bancs au bord de l’eau pour pique-niquer, au milieu des oies.

Le musée de la culture nordique (Nordiska Museet) domine l’île. C’est un bâtiment du XIXe siècle qui domine de son clocher le reste de l’île. Les mâts du Vasa qui dépassent de la toiture du second grand musée de l’île sont visibles dès le quai d’Östermalm, et quoique moins pittoresque, le bâtiment n’en demeure pas moins impressionnant.

Notre beau programme bien ficelé est vite tombé à l’eau. En fait, nous avions totalement sous-estimé le temps que nous mettrions à visiter le Vasa… Au bout de trois bonnes heures de visite, nous avons fini par sortir avec des étoiles dans les yeux. On ne répètera jamais assez à quel point ce musée est génial. Non seulement le bateau en lui-même est unique au monde (98% d’origine, conservé dans l’eau salée de l’estuaire pendant près de 300 ans), mais en plus la scénographie du musée met en valeur tout un tas de problématiques historiques et de conservation qui éveilleront les plus sceptiques à la question de la restauration. Pour un bateau qui n’a jamais voyagé, il fait couler beaucoup d’encre…

La visite se découpe sur environ cinq ou six niveaux sur lesquels vous pouvez observer le bateau sous toutes les coutures – le vrai, autour duquel s’articule l’exposition, mais aussi des maquettes à l’échelle, des représentations en coupe, la reconstitution d’un pont… On apprécie tout particulièrement la présentation des matériaux d’origine, les parallèles faits entre la recherche maritime et la recherche de techniques de conservation adaptées à ce sujet singulier… Et les selfie spots, les bornes de simulation (arriverez-vous à construire un Vasa qui tienne la route ? J’ai lamentablement échoué), la reconstitution de hune au septième étage (sujets au vertige s’abstenir) et l’exposition Meanwhile qui met en perspective le Vasa dans son époque en présentant l’histoire de différentes parties du monde dans le même siècle sur grands écrans et écrans dynamiques. De quoi prendre du recul et connecter entre eux des faits historiques qui ne semblent pas partager la même temporalité…

En somme, c’est un musée incontournable d’autant plus qu’il a su se renouveler en faisant des nouvelles technologies un moyen de mettre l’exposition en perspective dans le temps et l’espace. Et si je peux vous donner deux conseils sur la visite…

D’abord, commencez par le film, ainsi que c’est indiqué dans les dépliants de présentation de l’exposition. Ca dure 15 minutes et ça permet de prendre contact avec le bateau de manière efficace : quelques faits, quelques noms, quelques dates qui seront récurrents dans l’exposition. Le documentaire annonce les problématiques qui seront traitées dans les étages et vous donne un premier jet de repères sur lesquels vous appuyer pour comprendre où vous en serez dans votre parcours.

Ensuite, commencez la visite par l’étage principal (celui qui s’appelle niveau 4 sur les plans), puis enchaînez avec le niveau inférieur, le niveau 2, avant de vous attaquer aux étages… En fait, le niveau 2 présente les travaux de recherche, de reconstitution, de conservation qui ont été effectués autour du Vasa dans toute leur technicité, et quand on commence par les niveaux supérieurs, (plus ludiques et démonstratifs), on prend le risque d’être fatigué en arrivant aux terminologies professionnelles du niveau inférieur.

Ne négligez pas l’exposition Meanwhile, qui clôt la visite. On peut y passer cinq minutes comme une heure, mais c’est un projet qui mérite d’être vu.

Selfie spot au Vasa (désolée pour le flou !)

Selfie spot au Vasa (désolée pour le flou !)

Il est bon de faire attention aux heures de fermeture des différents établissements que vous souhaitez visiter, car ils ferment assez tôt… C’est rare de trouver un musée ou une église ouverte après 18h dans Stockholm en période estivale, d’autant plus le week-end. Et comme nous sommes sortis du Vasamuseet à presque 17h, nous n’avons même pas essayé d’aller au Skansen (j’y reviendrai au moment de notre visite).

Que faire quand on ne va pas au musée à Djurgarden ? Une fois éliminés le Nordiska, le Vasa et le Skansen, il reste… Eh bien, la balade. La végétation de l’île la rend paisible, et c’est le cadre propice pour une balade à l’ombre des arbres (et du cimetière, où nous avons atterri un peu par erreur)… Ou pour faire des photos sur le quai.

Nous avons de nouveau fait deux équipes pour le retour. Cette fois-ci, le trajet à pied était beaucoup plus long. Forcément, en partant de Djurgarden au lieu de Gamla Stan, on double quasiment le temps de trajet jusqu’à Luma. Mais qu’à cela ne tienne. Il en fallait plus que ça pour nous décourager.

Je crois qu’on a mis à peu près une heure et demie pour rentrer ce soir-là. J’en ai savouré chaque minute. Pour moi, rien de tel que de marcher pour voir différemment la ville, même si on marche presque exclusivement tout droit. En plus, en partant au moment où le soleil se couche, on devient témoin d’une vraie métamorphose. La lumière change, le paysage s’éclaire et s’assombrit selon les endroits, les résidents changent de vêtements et d’attitudes. C’est le moment où les habitants sortent dîner ou en soirée, où les férus de sport font leur jogging. En passant dans Östermalm, on entendait l’écho d’une fête branchée animée par un DJ. Les pulsations de la musique résonnaient jusqu’au quai d’en face et nous ont suivi un moment. Face à tant d’animation, le quartier familial et paisible de Luma paraît presque fantômatique.

La vie suédoise, partie 2 : Gamla Stan et Riddarholmen

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Se mettre en route avant midi quand on est sept ? Mission fichtrement presque impossible. Même avec deux salles de bain et des réveils, on a du mal à se mettre en route le matin !

A notre décharge, il a fallu également prendre le temps de décider de la répartition des visites pour la semaine, ce qui s’est avéré plus long que prévu parce qu’on a forcément les yeux plus gros que le ventre dans une ville aussi grande…

Comme en tout premier jour qui se respecte, nous avons attaqué directement avec le coeur de la ville, le quartier que les suédois appellent Gamla Stan. C’est là qu’on trouve, entre autres, l’Académie, le Palais Royal, le musée Nobel, la cathédrale… C’est le centre historique de la ville (Gamla Stan, ça signifie littéralement « la vieille ville » en suédois), et par conséquent aussi son centre touristique principal. Si vous voulez un quartier de Stockholm pour trouver en une journée à la fois des visites de monuments nationaux et du shopping souvenirs, c’est là qu’il faut aller.

Le Palais Royal a été notre première visite. On a apprécié le billet couplé : pour une entrée au Palais, vous avez également accès au Trésor Royal, au Kronor (musée de l’ancien palais) et au musée des Antiquités. En revanche, les photographes du groupe ont beaucoup moins aimé les panneaux « photos interdites » présents un peu partout dans l’enceinte du Palais. Heureusement, on a quand même pu photographier les gardes à l’entrée (l’honneur est sauf).

Je ne suis pas très palais, mais la visite d’un monument politique aussi important permet de prendre la mesure de ce qu’est la royauté suédoise. A défaut d’en retracer l’histoire par dynastie, les pièces exposées dans l’aile du palais ouverte aux visiteurs donnent une bonne idée de la façon dont elle fonctionne, sur quels fondements, avec quels ordres de distinction,… Et en posant des questions aux surveillants de salle, on peut apprendre quelques anecdotes sur le palais et la famille royale. La chapelle vaut le détour ainsi que la salle du Trône. Ce sont deux lieux de cérémonie très officiels, peu utilisés mais toujours en de très grandes occasions.

Nous avons été en revanche un peu déçus par l’exposition du Trésor Royal. Forcément, quand on vous dit « le Trésor de la Couronne », vous faites immédiatement le lien avec le magnifique apanage de pierreries et de bijoux de la royauté anglaise… Ici rien de tout ça, seulement deux salles qui exposent peu de pièces (malgré tout admirables) : couronnes et épées d’apparat, reliquaire, sceptres…

Ce qui est bien avec Gamla Stan, c’est qu’on y trouve facilement à manger pour pas cher (quoique, on peut aussi trouver du très cher facilement je pense) à une heure avancée de l’après-midi. Pour les amateurs de cannelle, je ne peux que chaudement vous recommander les Kanelbulle. Ca a la même forme que le pain aux raisins, sauf qu’à la place des raisins entre les rouleaux de pâte, il y a de la cannelle. Beaucoup de cannelle… Miam !

Dès 16h-17h, le quartier s’anime assez vite. Des musiciens ambulants s’installent à des endroits stratégiques pour donner leur concert amateur à une foule de touristes enthousiastes. Ils peuvent être pianistes, guitaristes, chanteurs… On dira ce qu’on veut sur les artistes de rue, personnellement, je raffole de ces performances humbles sur fond de ville. Et pour le coup, il y en a qui ont du talent à revendre…

Nous avons délaissé le musée Nobel, mais nous avons exploré volontiers la cathédrale, qui impressionne davantage par ses ornements et dorures à l’intérieur que par sa taille à proprement parler. Il y a là quelques très beaux tableaux et une sculpture saisissante de Saint Georges. De plus, nous avons pu, par chance, profiter des répétitions de l’organiste pour son concert de Bach qui devait avoir lieu dans la soirée. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut visiter une cathédrale sur fond d’orgue.

Pour le coucher de soleil, le Routard conseillait le point de vue qu’offre la place de l’île de Riddarholmen sur les autres îles de la ville. Riddarholmen est aussi appelée « l’île des chevaliers » et, dans la lignée de Stadsholmen (l’île principale de Gamla Stan), constitue un des centres historiques de la ville. L’île est pavée par endroits (ce qui ne va pas de soi à Stockholm, la plupart des trottoirs sont droits et sagement bétonnés) et dominée par une église imposante. Son point de vue sur la baie vaut effectivement le détour. La lumière du soleil couchant est belle sur l’architecture des autres îles. A l’ouest, Södermalm, à l’est, Kungsholmen. Pensez aux lunettes de soleil, car la lumière est vite aveuglante…

Toujours sagement attentifs aux conseils de notre guide touristique préféré, nous avons dîné à Södermalm dans une crêperie bretonne. C’est sûr que ce n’est pas particulièrement typique, mais les galettes salées y étaient excellentes et le repas n’a pas coûté trop cher non plus (alors que nous avions lu, dans notre préparation, que les bons restaurants de Stockholm pouvaient être facilement hors de prix). Et à la fin du repas, le groupe s’est scindé en deux : les plus fatiguées ont profité de leur carte de transport pour rentrer en métro, et nous autres, désireux de nous imprégner davantage de l’atmosphère de la ville, avons traversé Södermalm à pied.

De Södermalm  à Luma, il y a une bonne heure de marche, mais le trajet se résume quasiment à une ligne droite. D’une manière générale, marcher dans Stockholm est agréable, mais je pense que pour nous imprégner encore mieux de la ville, il nous aurait fallu des vélos. Eh oui, les nordiques qui circulent plus à vélo qu’en voiture, ce n’est pas un mythe ! Le paysage urbain s’est d’ailleurs très bien adapté à cette pratique et il l’entretient : il y a des pistes cyclables sur absolument toutes les rues (et gare aux piétons maladroits qui marchent dessus par inadvertance, les cyclistes dépassent sans sonner) et des vélos garés un peu partout.

C’est en faisant le bilan de cette première journée de visites qu’on s’est rendus compte à quel point les SEKS de nos portes-monnaies disparaissaient vite : comme nous avons la possibilité de cuisiner, certaines dépenses sont amorties, mais le budget visites grimpe vite et tape fort dans les réserves de liquide. L’accès à la cuisine et la possibilité de se préparer des piques-niques réduisent significativement, au bout de deux semaines, les dépenses quotidiennes. 

La vie suédoise partie 1 : La découverte

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Organiser un voyage à sept, ce n’est pas chose aisée.

C’est pourtant un pari qu’on s’est lancés avec un groupe de mes amis. Je ne vais pas mentir, ils se sont chargés de la totalité (ou presque) de la logistique. Je n’ai fait véritablement partie de l’organisation que quand nous sommes arrivés sur place.

Notre première idée de destination : l’Islande. Mais les contraintes logistiques et le coût qu’une telle destination représentait ont peu à peu réorienté notre idée de départ vers un pays un peu plus accessible mais toujours nordique : la Suède. Le projet qui s’est ensuite dégagé de nos discussions consistait à diviser notre séjour en deux parties, soit Stockholm et la Scanie. Nous avons utilisé le site airbnb pour réserver deux maisons, l’une dans Stockholm, l’autre près de Malmö. Il a également été décidé qu’en raison de l’éclatement géographique des sites à visiter en Scanie, nous utiliserions une voiture de location, que nous avons louée via le site de Avis. Une fois les billets d’avion pris, restait à réserver par avance les billets de train pour  nous rendre de Stockholm à Malmö (environ 18 euros l’aller simple par personne, ça donne une idée de la différence avec les tarifs SNCF, même si nous nous y sommes pris deux mois à l’avance). Nous avions convenu de décider des visites une fois sur place à partir d’un tableau pré-établi par l’un d’entre nous d’après nos votes sur ce qui nous intéressait le plus. Se sont dégagés en grande majorité des châteaux, des musées d’art et des églises dans la pré-sélection.

Tout était bien huilé et calé, mais il a fallu changer de plan une semaine avant le départ car notre première réservation sur la maison de Stockholm a été annulée pour une urgence familiale… Nous avons donc opté au dernier moment pour un appartement en duplex plus proche du centre de la ville, que le propriétaire se proposait de nous louer au même prix à peu près.

Et nous avons donc fini par décoller de Paris le 6 août dernier. Je vous passe le détail du trajet en avion, et de l’attente des bagages à l’arrivée (deux bagages mal aiguillés sur les tapis de l’aéroport, une belle frayeur qui s’est heureusement avérée une fausse alerte). Nous avons débarqué à sept petits frenchies sous un ciel dangereusement nuageux et 27° de température extérieure (et c’est là qu’on a un instant de doute : la polaire dans la valise était-elle vraiment nécessaire ?). 

Il y a plusieurs façons de se rendre ensuite de l’aéroport à la ville. Il y a l’Arlanda express, qui est un service de bus qui mène directement de l’aéroport au centre de la ville. Le temps de trajet est séduisant, mais le prix assez dissuasif, d’autant plus que nous avions prévu d’acquérir une carte de transports à la semaine (environ 35 euros par personne) qui n’était bien entendu pas valable dans l’Arlanda Express. Qu’à cela ne tienne, nous avons pris le bus, puis le métro jusqu’à notre quartier, Luma.

Voilà, le petit point rouge sur la carte, c’était la station de métro la plus proche, Gullmarsplan (environ 20 minutes de marche depuis l’appartement).

L’appartement était un duplex, sur deux étages, indiqué comme un appartement de 7 pièces dans l’annonce. Pour sept personnes, c’était plutôt spacieux et confortable (même si l’un d’entre nous a dû dormir sur le sofa). Petite information pratique au passage : peu d’appartements dans Stockholm ont leur propre machine à laver… Et tous sont meublés à 90 % chez Ikea ! Rien de très dépaysant jusque là. En allant faire nos courses, nous avons même repéré un Lidl à deux pâtés de maison, juste à côté d’un Coop et d’un ICA (qui semble être la grosse chaîne de supermarchés locale).

Le quartier où nous étions en lui-même n’avait rien de très dépaysant au départ.

Certes, il y a des baies vitrées partout et les suédois n’ont pas l’air d’avoir besoin de se couper du monde pour être bien chez eux (= de l’extérieur, la nuit, on voit ce qui se passe dans la plupart des apparts, mais ça a l’air normal, et je ne parle même pas des portes qu’on laisse grandes ouvertes pour aérer même quand on n’est pas à proximité).

Certes, Stockholm est tellement vert et respirable qu’on a davantage l’impression d’être dans une ville de campagne que dans une grande capitale d’Europe.

Certes, le nombre de voitures dans les rues est infiniment, infiniment plus bas qu’en France, tandis que les vélos sont partout.

Certes, les conducteurs s’arrêtent pour vous laisser passer aux passages piétons même quand leur feu est vert. Et je n’oublie pas non plus les moustiques qui sont, paraît-il, particulièrement voraces.

Mais dans le fond, le paysage urbain du quartier où nous étions pourrait presque passer pour français, avec sa station de tram au pied d’un square, son Lidl et son Pizza Hut. Si ce n’était pour les SEKs qui remplaçaient les euros dans nos portes-monnaies, nous nous croyions presque encore chez nous…