Bodyguard, tome 1 : l’otage de Chris Bradford

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Bodyguard, tome 1 : l’otage / Chris Bradford. – Casterman, 2015

Paru chez Casterman l’année dernière, ce premier tome nous présente Bodyguard comme une série typique des récits d’infiltration pour et avec des adolescents. Avec une bonne dose de rebondissements et de chouettes personnages, Chris Bradford s’inscrit dans le sillage d’Anthony Horowitz, Robert Muchamore et Allen Zadoff avec facilité et efficacité ! Amateurs de Cherub et d’Alex Rider, vous ne serez pas déçus…

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La Fabrique de Doute de Paolo Bacigalupi

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La Fabrique de doute / Paolo Bacigalupi. – Au Diable Vauvert (Young adult), 2015. (Titre original : The Doubt Factory)

La grande fan du formidable Paolo Bacigalupi que je suis ne pouvais pas passer à côté de son nouveau roman Young Adult. Paru aux éditions du Diable Vauvert en fin d’année 2015, La Fabrique de doute est un thriller palpitant et politique, un page-turner engagé qui interroge notre rapport à la société de consommation.

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I hunt killers de Barry Lyga

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Thriller palpitant et terrifiant, I hunt killers est le premier tome d’une trilogie signée Barry Lyga, publiée par les éditions du Masque dans la collection MsK entre 2012 et 2015. Un petit mot donc pour vous parler de cette sombre histoire de profilers dont le ton et l’ambiance ne sont pas sans évoquer des épisodes glaçants de la série Esprits Criminels

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Policier : Le programme, de Allen Zadoff

Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu de thriller pour ado…

Le programme : cible n°1 / Allen Zadoff. – Albin Michel, 2014 (Wiz).

Le programme est une série de thrillers/romans d’espionnage pour adolescents parue chez Albin Michel (collection Wiz) en 2014. Elle est signée Allen Zadoff, compte déjà deux tomes et tient ses promesses… Sans trop les dépasser non plus.

Le Programme est une sorte d’organisation souterraine située aux Etats-Unis. Au nom du patriotisme et de la protection du pays, l’organisme emploie des jeunes pour éliminer les personnes qui menacent le territoire américain. Le héros fait partie de ces adolescents endoctrinés au nom du patriotisme et entraînés pour tuer.  Du jour au lendemain, à la suite d’une mission délicate, le Programme lui lance un défi monstrueux : mettre hors d’état de nuire le maire de New York… en cinq jours. Pour ce faire, il doit se rapprocher de la fille du politicien.

Premier conseil : ne lisez SURTOUT PAS la quatrième de couverture. D’une part, elle donne de fausses informations. D’autre part, elle en dévoile beaucoup trop sur l’intrigue. Pas de bon point pour Wiz là-dessus, malgré le design attirant des couvertures…

Allen Zadoff n’écrit pas mal. Il n’a pas de style particulier, mais son propos est clair, tient la route de bout en bout. Le roman en lui-même est plutôt bien construit : progression classique du personnage de thriller qui passe d’un état de départ à une rupture brusque de sa routine qui soulève en lui des questions nouvelles, qui remonte des indices le long d’une piste qui ne sera pas forcément vraie à la fin… Les actions s’enchaînent bien, la première personne du singulier est maîtrisée. On ne s’ennuie pas, on est même assez vite pris dans le flot de l’enquête (c’est le genre de roman qui se lit bien d’une traite) et on est intrigué par ce personnage principal très ambivalent et charismatique qui essaye désespérément d’empêcher son humanité de resurgir et d’entraver sa mission. Une fois arrivée à la fin, je me suis même précipitée sur la suite !

C’est donc un roman à suspense qui fonctionne bien. Pourtant, même si on passe sous silence le cafouillage du résumé de Wiz, avec un petit temps de recul, je me sens aussi un peu frustrée par ma lecture. Le roman fait passer un bon moment, mais on est loin des questionnements identitaires d’Alex Rider, des machinations de Cherub. Pour ce premier tome, même si on sent le potentiel conspirationniste de l’intrigue, le fond de la problématique reste nébuleux, assez peu évoqué… ou bien de manière assez peu convaincante. Seul le « rival » du héros donne une idée de l’ampleur que peut prendre la suite…

Une collègue a également exprimé sa gêne face à ce personnage principal qu’elle a trouvé peu crédible. Pour ma part, je n’ai pas eu tout à fait le même ressenti, mais j’ai effectivement eu l’impression qu’il n’était pas très fouillé. Même si on l’aime bien, on n’est pas non plus particulièrement attaché à lui ; il est loin de nous saisir, de nous prendre par les sentiments comme savent le faire les personnages de Anthony Horowitz … Ca me coûte de le comparer à Cherub, que je ne n’ai pas tellement aimé, mais je dois reconnaître que le personnage de Robert Muchamore m’a laissé une impression plus franche.

A mon sens, la série a du potentiel, mais elle joue aussi beaucoup sur des facilités du genre. C’est une sorte de thriller à gros budget bien ficelé et bien net comme on les voit au cinéma, mais qui manque de style et d’envergure à ce stade… Un peu de caractère, de personnalité, s’il vous plait !

J’attends d’être arrivée au bout du tome 2 pour décider si je suis vraiment emballée ou définitivement déçue.

La suite au prochain épisode, donc !

Ikebukuro West Gate Park, thriller japonais engagé

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman policier (un autre !). Le titre : Ikebukuro West Gate Park, et l’auteur : Ishida Ira.

IWGP, c’est d’abord l’histoire d’un jeune homme, Makoto, qui est engagé par diverses connaissances à lui pour résoudre leurs problèmes. Il touche à tout type d’embrouilles : enlèvement, meurtre, disparition, guerre des gangs, trafic de drogue… qui viennent troubler la vie de son quartier, Ikebukuro. Bref, les chroniques d’enquêtes d’un jeune qui n’a pas froid aux yeux et qui n’a pas peur de se salir les mains au nom de son quartier.

C’est aussi l’histoire de tous ces gens que Makoto aide. Yakouzes, geeks, immigrés clandestins, enfants perdus, prostituées amoureuses, voyous en tous genres… A travers ces étiquettes sociales qu’on colle sur le front des jeunes, Ishida Ira dresse le portrait de l’ensemble d’une génération, née de la rue et de bouleversements sociaux et économiques brutaux (le premier tome se déroule dans les années 90). Il parle aussi de la fracture entre les manières de vivre, les traditions d’une génération qui ne comprend pas la jeunesse et les nouvelles pratiques de jeunes qui recherchent désespérément à se faire une place dans le monde, auxquelles les institutions qui encadrent cette société ne correspondent plus. Et entre les deux, la génération de ceux qui sont encore jeunes, mais pas trop, et qui ne savent plus sur quel pied danser.

IWGP, c’est le portrait de la société japonaise des années 90 à travers le microcosme du quartier d’Ikebukuro. Un constat impitoyable, lucide et sans appel, mais qui aspire à montrer que finalement, entre ces deux générations qui ne se reconnaissent pas l’une dans l’autre, la réconciliation est possible car elles se raccrochent dans le fond aux mêmes valeurs… Dans ce tableau, c’est Makoto qui leur rappelle ce qui est important, et qui nous le rappelle aussi par la même occasion.

Une de mes meilleures lectures de l’année, à n’en pas douter. J’ai déjà dévoré les deux premiers tomes et je vais me précipiter sur le troisième dès que possible !

Et puis c’est l’occasion ou jamais de se repasser les épisodes de l’excellente adaptation télévisée, avec Nagase Tomoya (My boss my hero, Karei ni naru spy, Utahime) dans le rôle principal et  Kubozuka Yosuke (Long Love letter, Strawberry on the shortcake), Sato Ryuta (Pride, Konkatsu, Rookies), Yamapi (j’ai vraiment besoin de vous le présenter ? Vraiment ?) et Koyuki (Kimi wa Pet, Engine) qui interprètent les rôles secondaires, entre autres ! Vous pouvez retrouver une fiche détaillée sur le drama avec des critiques ici, sur le forum Dramas Com.

A découvert, thriller mature

J’ai enfin pu attaquer le dernier titre de Harlan Coben qui me nargue depuis un bon moment dans ma pile à lire (avec un certain nombre d’autres titres, d’ailleurs… C’est fou comme elle n’arrête pas de grossir avec les fêtes !). Quand je dis le dernier Harlan Coben, je ne parle pas de son thriller pour adultes Sous haute tension, mais bien de sa dernière nouveauté : A découvert, le premier tome des aventures de Mickey Bolitar, le neveu du héros Myron Bolitar, une série de thrillers que Coben a commencé… pour les ados !

Pour la petite histoire, j’étais très curieuse de voir ce que ça donnerait. Je ne suis pas une adepte de Myron Bolitar, mais j’en ai lu quelques titres et ça m’avait plu, sans plus. Et là, une version pour ados ! Moi qui dévore la littérature ado comme certains dévorent les pots de Nutella, ça ne pouvait que m’intéresser.

Alors, voilà, je l’ai enfin lu, je peux enfin dire ce que j’en ai pensé ! Je l’ai commencé et terminé hier. Eh oui, il fait partie de ces romans qui s’engloutissent en une seule fois, qu’on a du mal à lâcher et qu’on rouvrira volontiers pour une deuxième lecture…

Harlan Coben a fait sa réputation d’écrivain : il sait écrire, et pas juste parce qu’il sait utiliser des procédés d’écriture et dresser en gros le portrait de ses personnages. Il sait écrire parce que son style lui permet de dire les choses à la fois de façon imagée et de façon à percuter le lecteur. Ses descriptions sont là, sont belles, mais servent toujours l’action qui va suivre : accrochez vos ceintures, on ne vous laisse pas une seule minute de répit. Il sait écrire parce qu’il arrive à donner corps à ses personnages : sans en faire une description détaillée, il nous donne à voir les principaux de l’intérieur, et nous apprenons à les connaître au fil de leurs pensées. Et ainsi, nous voyons ses personnages secondaires à travers les yeux des principaux uniquement, nous les connaissons donc relativement peu, ce qui ne nous empêche pas de savoir et de sentir qu’à tout moment, ils sont prêts à nous surprendre. Tout ça, c’était déjà visible dans la série de Myron Bolitar. C’est encore plus présent pour celle de Mickey Bolitar, à mon sens.

Ecrire pour les ados, on a beau dire que c’est un marché florissant, ce n’est jamais une mince affaire. Je pense que Harlan Coben a fait sans fautes là-dessus : pas de condescendance, beaucoup d’affection, sans paternalisme et sans qu’il tente de nous faire croire qu’il en est un lui aussi. Ce qui rend son personnage d’autant plus crédible auprès des adultes, jeunes ou moins jeunes… Et à mon avis, ce qui ferait son succès auprès d’un ado. J’ai bien l’intention de le mettre dans les mains d’un lycéen, et je vous ferai le rapport d’expérience en temps voulu…

On ne s’ennuie pas, c’est une chose. Il faut savoir aussi que les aventures de Mickey ne sont pas dépourvues de sens. Il agit parce qu’il se passe des choses graves dans notre société, et que certaines touchent de très près les jeunes. Ils peuvent se prendre certaines choses en pleine face, souffrir… Mais aussi agir pour faire une différence dans le cours de l’histoire. En fait, c’est exactement ça, le message de A découvert. Et peut-être que la réécriture historique que nous propose Coben peut paraître tirée par les cheveux (chose que j’ai pu lire à plusieurs reprises) : il n’en reste pas moins qu’elle dessert un message d’espoir à la mesure de l’individu, mais qui demeure à l’image de la réalité d’aujourd’hui. On ne peut pas gagner contre le mal, mais on peut lutter, et ça, c’est déjà une victoire.

Comme vous pouvez le constater, j’ai apprécié ma lecture. J’ai très envie d’une suite, et j’ai très envie de vous convaincre de le lire à votre tour. Je trouve qu’en se lançant dans le roman pour ados, Coben a relevé un pari qui n’était pas évident, qu’il s’en est sorti avec brio. Et peut-être que j’utilise de bien grands mots, mais je trouve que ce roman marque un temps particulier de la littérature pour adolescents (ce n’est pas le premier, mais il en témoigne) avec un thriller responsabilisant, mature et sans tabous, qui délivre un constat lucide mais positif sur l’état de la société aujourd’hui et qui soulève les bonnes questions. Bref, que du bon.

Merci à l’agence Athomédia de m’avoir permis de découvrir ce titre !